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wAste in progrEss ...


Ce projet est né de la volonté:
- de diffuser des informations quant à l'augmentation exponentielle de déchets en général et de déchets électroniques (e-waste) en particulier dans les pays industrialisés,
- et de dénoncer les filières trompeuses qui ont été mises en place pour leur "retraitement".




(Les productions plastiques en cours sont présentées en bas de page.)
Ayant fait des études en économie, j'ai toujours été choquée par le concept de croissance infinie vendu par le modèle libéral et qui sous-entend que la Terre "joue le jeu" et peut fournir des ressources naturelles à l'infini... La notion de déchets et plus globalement de gâchis lié au progrès technologique est un sujet qui me préoccupe depuis longtemps et que je veux dénoncer. Pour moi il est important que chacun se sente responsable et agisse au quotidien. Je pense ici à ma grand-mère qui dans les années 70, en tout bon sens puisqu'elle avait vécu les restrictions de la guerre et  naïvement, récupérait les emballages et ne comprenait pas cette abondance de gâchis liée au "progrès" . Tandis que mon grand-père, ingénieur chercheur, jubilait de cette course à la modernité sans envisager un instant les effets secondaires de l'expansion sur le long terme.  

Aujourd'hui bien évidemment à force d'industrialisation, de développement technologique induisant le jetable et le tout électrique, sans compter la fameuse "obsolescence programmée" qui alimente sournoisement ce processus, on a atteint un niveau considérable de production de déchets et de pollution.
L'environnement ainsi que les espèces vivantes commençant a être dangereusement touchés, il y a enfin une prise de conscience globale, relayée par le politique et le scientifique. 

Mais s'il est acquis qu'il y a urgence pour la survie de notre planète, certains états ou groupes industriels se déresponsabilisent (cf les dernières mesures rétrogrades de Donald Trump aux USA et les procès faits à la firme Mosanto) ou agissent hypocritement en faisant disparaître les déchets de nos pays occidentaux pour les stocker dans les pays pauvres du globe.

La carte ci-dessous représentant le trafic de déchets électroniques est éloquente.
 

Ce trafic, déguisé en marché de l'occasion ou dons humanitaires et bien qu'illégal, prend sa source dans nos pays occidentaux et génère une nouvelle source de profit sur le dos de populations locales en Afrique, en Inde et en Chine comme le montrent ce documentaire et cet article dont voici un extrait.

"Exportations de déchets déguisées en dons humanitaires
La convention internationale de Bâle (entrée en vigueur en 1992), interdit l’exportation de déchets dangereux des pays membres de l’OCDE vers ceux du Sud. En Europe, les règles sont encore plus strictes : une directive européenne a structuré en 2002 la filière de la collecte et interdit à ses États membres d’exporter leurs déchets, dangereux ou non, pour les faire éliminer dans un pays étranger. Malgré une convention internationale vieille de plus de vingt ans et une législation européenne, rien n’y fait. Les déchets s’empilent au Sud. Pourquoi ? « Les États-Unis n’ont pas ratifié la convention de Bâle, rappelle Mike Anane. Et les pays européens font passer les exports de déchets électroniques pour des dons d’équipements usagers ».
Envoyer en Afrique ou en Asie des équipements électroniques hors d’usage sous couvert d’en faire un don « charitable » : la pratique est répandue en Europe. Les objets sont déclarés par les transporteurs comme des biens de seconde main. Car les exports de matériel électronique d’occasion sont, eux, autorisés. L’Agence européenne de l’environnement estime qu’entre 93 000 et 216 000 tonnes d’équipements électroniques usagés ont été exportées par l’Allemagne vers des pays non européens en 2008. Soit l’équivalent du poids d’une trentaine de tours Eiffel ! Mais près d’un tiers des équipements électroniques ou électriques importés au Ghana en 2009 étaient en fait hors d’usage, estime le secrétariat de la Convention de Bâle à l’Onu. Ces déchets déguisés en matériel d’occasion viennent d’Europe, pour 85% d’entre eux. Bizarrement, dans ce sens, la « forteresse Europe » semble bien laxiste."


Différentes sources, et notamment cette video,  cet article informatif complet,  le travail de Kai Löffelbein, celui de Andrew McConnell ont récemment alimenté ma sensibilité et mes connaissances sur le sujet et ont éveillé mon désir de dénoncer ce phénomène dans mes créations au cours de l'année 2017... 




Productions en cours

"J'AvAle PAS!"
Installation, déchets électroniques de récupération, chutes d'imprimantes 3D, une cocotte-minute en aluminium, 2017.
« Cette installation illustre le trop-plein pour la Terre, qui ne parvient plus à digérer les montagnes de déchets produits chaque jour. 
"J'avale pas!" c'est "je n'accepte pas", "arrête de me mentir on ne me fait pas gober n'importe quoi", et aussi "j'ai envie d'être respectée". »




Black Rainbow
7 planches A3, encre de Chine sur papier couché imprimé, 2017.

« Une série de dessins qui met en scène et en opposition :
  • nos objets en masse, produits électroniques vintage et dernier cri, emballages, ustensiles d'agrément, équipements, tous passés à la sauce marketing pour des packages colorés dans le style arc-en-ciel, gais et innocents qui forment des tas festifs et séduisants,
  • contre la tristesse et la noirceur de la réalité dans les décharges du Ghana, du Nigeria et de Chine ...
    ... illustration d'une population d'adultes mais aussi de nombreux enfants qui s'astreint à manipuler contre un maigre salaire quotidien ces produits qui sont loin d'être « cools » et contiennent quantité de substances chimiques et de métaux dangereux. Empoisonnement de la faune et de flore, paysages défigurés, air chargé des fumées d'extraction de métaux, eau salie par les infiltrations, la nourriture imprégnée... Un désastre humain et écologique »

     *** cliquer sur un dessin pour l'agrandir






 (In)vIsion (regarder en face) #2
Une suite chronologique de 5 photo-montages burlesques d'après la série revisitée L'inVAsion (in)VIsion (regarder en face) (2015, Côte Landaise).

« Cette série est sensée faire réagir et responsabiliser chacun d'entre nous, consommateurs européens, le plus souvent inconscients de la quantité astronomique de déchets que nous produisons nous-mêmes et de la manière dont nos états les exportent en toute impunité.
Elle met en scène un surfer lambda occidental, essentiellement préoccupé par son hobbies et ses performances sportives et qui, à force d'allées venues sur la plage, constate avec surprise l'invasion progressive de cette dernière par les déchets.
Ici le regard est important, faire attention à, le surfer pour une fois voit, s'étonne, reste indifférent une première fois et se déculpabilise en vérifiant que personne n'a observé sa passivité. Jusqu'à ne plus pouvoir détourner le regard et être complètement avalé par ce qu'il a lui-même contribué à créer. »