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NativE

/ Aquarelle
24 cm x 32 cm

/  Cette série m'a été inspirée par quelques conversations avec
des Canadiens descendants des peuples des Premières Nations au cours de mes
séjours au Québec, alimentées de documentation et de mes observations sur place. 





" Il faut savoir que le matriarcat a profondément marqué l'histoire du Québec. Il est né de la rencontre de femmes amérindiennes, alors très influentes dans leurs tribus, et des "filles du Roy", femmes orphelines éduquées envoyées par le roi de France en 'Nouvelle France' au XVIIème siècle pour aider à la gestion et au peuplement de la colonie...












Conséquence, au Québec la femme contemporaine n'a pas tout à fait le même statut que dans la plupart des autres pays occidentaux. Militante féministe de la première heure, elle prône l'égalité homme femme, choisit son "chum", elle est indépendante et particulièrement libre et respectée.

Cependant tout n'est pas rose, selon l'origine de chacune.



 


Le 3 juin 2019 est paru au Canada un volumineux rapport de 1200 pages intitulé "Réclamer notre pouvoir et notre place" (à lire ICI), résultat d'une commission d'enquête nationale lancée en 2016 sur les  violences subies par les femmes amérindiennes, métisses et inuites du Canada.
 
Entre 1980 et 2012, 1181 femmes autochtones ont été victimes de disparitions ou de meurtres non élucidés, mais leur nombre est vraisemblablement beaucoup plus élevé, selon cette commission qui a interrogé près de 2 400 membres des communautés indigènes dans tout le Canada.


 


Cette étude a conclu non sans fracas et après un long cheminement, que les meurtres et disparitions de femmes autochtones constituaient un génocide.



Elle souligne que les femmes et les filles autochtones font face à un niveau de violence disproportionnellement élevé en raison des « actions et inactions de l’État qui trouvent leurs racines dans le colonialisme et les idéologies connexes, reposant sur une présomption de supériorité ».





"Le type de génocide que nous subissons au Canada, c’est aussi… la mort par un million de petites blessures, au fil des générations, un génocide culturel ». 




Le rapport met notamment en cause l'Indian Act de 1876 qui a perduré jusqu'en 1985, la grande rafle des 60s et les pensionnats mis en place par Ottawa au début du XIXe siècle jusqu'en 1996, où plus de 150.000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été coupés de leurs familles et de leur culture dans 139 pensionnats, répartis dans tout le pays et gérés par des communautés religieuses.


Nombre d'entre eux ont été soumis à de mauvais traitements ou à des abus sexuels et au moins 3.200 y sont morts, la plupart de tuberculose.







Un premier jet du rapport "commission de vérité et réconciliation" avait déjà conduit le gouvernement Canadien à reconnaître le phénomène de génocide culturel et généré des actions compensatrices et de protection pour la population native du Canada entre 2009 et 2015 (cf le discours du président canadien en décembre 2015 ICI).



C'est ce même gouvernement qui a lancé en 2016 l'enquête nationale concernant les femmes natives...

Des associations continuent à militer et contrôlent la concrétisation des mesures annoncées."




Sources documentaires:

L'histoire des femmes au Canada 

Les filles du Roy, ou la colonisation du Québec
Edward S. Curtis photographies
The silent enemy (1930)
Métis, Inuits et Amérindiens 

Une histoire des premières nations au Québec, conférence S. Bouchard 
Rafle des années 60
Les pensionnats de la honte
Le peuple invisible (nation algonquine) - 2007


Femmes amérindiennes assassinées : ce génocide qui embarrasse l’Amérique du Nord
La dénonciation d'un "génocide" des femmes autochtones fait grand bruit au Canada
Le Canada accusé de "génocide" envers les femmes autochtones 

Commission de vérité et de réconciliation Canada - appels à l'action
Une critique de l'Indian Act au Canada par S. Bouchard



Films:

Warrior women - 2018
Indian Horse - 2018
Wind River - 2017